« Snap », « sms » et photo « Insta » font aujourd’hui pleinement parti du quotidien de nos enfants. 78% des 11-18 ans utilisent les réseaux sociaux et 40% d’entre eux ont déjà subi une agression en ligne. Selon les chiffres parus sur « education.gouv », on constaterait qu’un enfant sur cinq est victime, aujourd’hui, de harcèlement et / ou de cyber harcèlement. Pour mieux appréhender cela et ainsi éviter ces dérives, Lauriane Bertin, avocate, nous donne quelques conseils.

  1. Internet n’oublie rien

Vous rappelez-vous cette case à cocher lors de votre inscription : « j’ai lu et j’accepte les conditions générales d’utilisation » ? Cette case qu’instinctivement vous avez cochée, sans lire aucune ligne, car l’envie prenante d’utiliser l’application était plus grande que tout. Eh bien cette case était un contrat, que vous avez signé et donc accepté. Dès lors, vous avez cédé vos droits à la plateforme en terme d’utilisation de données. En clair, tout ce que vous allez publier va être sauvegardé et pourra, dans un temps plus ou moins proche, réapparaître sur Internet sans votre consentement. Il faut comprendre à travers cela que l’Homme a cette capacité à oublier dans le temps. Ce qu’Internet ne fera jamais, même si le droit à l’oubli existe.

  1. Si c’est gratuit c’est vous le produit

Quand l’on constate aujourd’hui que l’une des premières ressource du monde, « l’EAU » est monétisée et représente un marché gigantesque sur notre planète, on ne peut que se demander, « mais comment les réseaux sociaux font-ils pour survivre alors qu’ils sont gratuits ? ». Par la publicité me direz-vous ! Eh bien non. Le plus gros de leurs revenus est essentiellement basé sur la revente de données personnelles à des entreprises de publicité qui les utilisent pour cibler leur stratégie markéting. Bien évidemment, tout ne repose pas sur cela. Les fameux algorithmes mis en place par Facebook, Instagram, Snapchat permettent aux plateformes de connaître les centres d’intérêt des utilisateurs à travers leurs messages. Ce qui en dit long sur nos goûts, nos passions, en bref sur qui nous sommes… Si c’est gratuit c’est vous le produit.

 

  1. Réfléchir avant de « publier »

Il est important de comprendre que sur la toile, tout reste (comme dit précédemment). Dès lors, les règles valables dans la vie de tous les jours sont aussi à appliquer sur le web. Parce que tout n’est pas bon à dire et qu’il faut réfléchir avant de parler, il faut aussi réfléchir avant de publier. En 2018, tous les propos émis sur Internet peuvent être « screenés » (capture d’écran) puis être utilisés comme preuve à charge lorsque les éléments sont présentés devant la justice. Il est commun de constater que certains jeunes (et adultes) ne se comportent pas sur Internet comme ils se comportent dans leur vie au quotidien. Cela est dû au fait que derrière un écran « on se sent puissant ».

  1. Sur Internet tout se sait

La vie privée sur Internet est une utopie… même si vous et votre enfant, sécurisez au maximum vos comptes, des failles restent exploitables et, dès lors, il est important de connaitre les risques afin de les minimiser.

  1. Que faire en cas de cyber-harcèlement ?

La communication reste l’atout majeur de ce fléau. En effet, il est important de comprendre le mécanisme (ressenti par la victime) pour pouvoir intervenir. L’échange, le dialogue sont les facteurs clés en terme de résolution de problèmes sur cette thématique. Il existe aussi des numéros d’écoute 3020 qui peuvent vous informer sur les démarche à suivre.

L’élément clé reste bien sûr l’éducation. Il faut apprendre aux enfants à respecter les autres. Dès lors, nous devrions constater une baisse de ces pratiques.