Nous sommes face aujourd’hui à une augmentation significative de publication vidéos mettant en avant des rixes entre jeunes étudiants de tout âge (collégiens et lycéens). Cette pratique appelée le « HAPPY SLAPING » ou « CLAQUE JOYEUSE » repose sur la capture d’un événement dit « violent » ayant pour objectif d’être publié sur les réseaux sociaux. Il faut savoir que ce terme s’applique à des gestes d’intensité variable allant de la simple vexation aux violences les plus graves, y compris les violences sexuelles.

Mais que cherchent-ils à travers cela ?

Selon Serge Tisseron, «  peu importe la manière, ils veulent exister, être identifiés ». Cette phrase met en avant un changement radical de la société face à ces outils du quotidien encrés dans notre vie que sont les réseaux sociaux. En effet, en filmant des scènes choquantes, et en les publiant, les auteurs se désignent eux mêmes, d’une certaine manière, comme coupables. Cela tendrait à prouver que le désir de se mettre en scène sur internet est plus important que l’inquiétude d’être reconnu et puni. On constate aujourd’hui, que même les victimes utilisent une défense différente que celle appliquée il y a encore quelques années. En effet, avant même d’alerter les autorités, les victimes cherchent à expliquer et à convaincre la toile de leur innocence, comme si l’approbation des paires était plus importante que le recours à un pouvoir institué.

L’exhibitionnisme repose sur la répétition. Or dans ces cas, aucune répétition n’est observée. On constate assez facilement que ces actions ont pour objectif d’élargir une approbation social dans le but de se mettre en scène et de faire le buzz. En bref, d’impacter le plus grand nombre de personnes sur les réseaux sociaux afin d’avoir un maximum de vues et de commentaires en lien avec la vidéo mise en ligne. Les agresseurs se disent, «peu importe que nous soyons attaqués ou loués, l’important c’est d’exister».

Doit-on interdire les réseaux sociaux ?

Non. Ce n’est pas parce que certaines déviances apparaissent, que tout est à mettre à la poubelle. Entre 13 et 18 ans, c’est là que les réseaux sociaux sont le plus utiles. Pour ces jeunes le lien social extra-familiale est capital et constitue un équilibre vital à leur développement personnel et intellectuel, petit boulot, conseils en tout genre etc…  Selon un rapport de l’UNICEF paru en décembre 2017, l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes aurait un impact plutôt positif. Dès lors, le seul conseil viable reste la communication au sein des familles et la compréhension des parents. Nul besoin de devenir des experts du numérique, vos enfants ont juste besoin que vous compreniez les mécanismes du web afin de pouvoir en discuter avec vous.