Que l’on fasse parti de  la tranche des 15-24 ans ou celle des 25-45 ans et plus, les écrans ont pris énormément de place dans notre quotidien. Aujourd’hui, ils nous permettent de rester connectés avec notre communauté, de regarder des vidéos, d’écouter de la musique ou encore de visualiser ses mails. En bref, l’écran est devenu une extension de l’homme, tel que l’on pouvait l’imaginer il y a 20 ans, en augmentant drastiquement son confort de vie. Mais qu’en est-il de l’impact sur le cerveau que cela occasionne ? Qu’en est-il de ce besoin incessant d’interagir avec un écran ? Qu’en est-il de l’homme face à la machine ? Sommes-nous addicts ?

Le gouvernement Français s’est penché sur cette problématique et plus particulièrement le secrétaire d’état au numérique, Mounir Mahjoubi, qui est revenu sur son projet de lutte contre l’addiction aux réseaux sociaux et aux écrans. Il est vrai que nous passons toujours plus de temps, aussi bien au travail, qu’à la maison, sur les écrans. A tel point qu’il est de plus en plus difficile de résister à la tentation de consulter sa messagerie ou les réseaux, à toute heure de la journée ou de la nuit.

Le docteur Assouly Bruno, fondateur de l’Institut d’Education Médicale et de Prévention et du site lebonusagedesecrans.fr met en avant que :« L’usage du terme addiction est abusif… les écrans ne peuvent en aucun cas être rangés avec les drogues traditionnelles : les molécules, les zones neuronales et les réseaux neurobiologiques impliqués ne sont pas les mêmes qu’en cas d’addiction classique. » En effet, précise le docteur Assouly, « lorsqu’une personne « dépendante » aux écrans, de part une pratique intense, s’abstient, on ne constate pas de changement physiologique, ni de souffrance. De même, il n’y a pas de période de sevrage, de risque de rechute, et d’activation de la mémoire, comme avec d’autres drogues. »

En outre, parler « d’addiction » aujourd’hui, serait un raccourci  facile à faire mais pas une réalité médicale. En 2013, dans un rapport intitulé «  l’enfant et les écrans » l’académie des sciences évoque une consommation excessive. A l’inverse, L’Organisme Mondial de la Santé OMS, est la première communauté savante à formellement dire que « l’addiction aux jeux vidéos » existe, au même titre que l’addiction à la drogue ou à l’alcool. Selon le docteur Assouly, le seul bénéfice de dire de telles choses serait de prescrire des consultations chez un psychothérapeute. Mais attention à l’effet pervers de tout cela. « Face à l’affolement des parents, le risque serait d’ouvrir un marché qui consisterait à donner des médicaments à tout va pour soigner ces comportements. A partir du moment où on pose le mot addiction, alors cela ouvre la voie à un marché énorme pour l’industrie pharmaceutique !»

En bref, le combat continue entre les partisans de « l’addiction aux jeux vidéo » et les autres. Ce qui est claire aujourd’hui, c’est que les faits montre pertinemment, à travers les émotions, ainsi que  nos interaction neuronale, que le terme addiction n’est pas approprié des lors qu’il ne correspond pas aux symptômes, aux même mots qu’une addiction aux drogues ou autres.